À la fin de l’année 2024, le secteur privé à Mayotte compte 24 200 salariés, soit 47 % de l’emploi salarié de l’île. Selon l’Insee, le salaire net moyen y atteint 2 160 euros par mois, un niveau inférieur de 13 % à celui observé en France de province (Hexagone, hors Île-de-France).
Le salaire médian à Mayotte s’établit à 1 700 euros par mois, le plus bas des départements français. Cette situation résulte notamment d’un Smic inférieur au reste du pays et d’une main-d’œuvre moins qualifiée. Les cadres, qui ne représentent que 9 % des salariés, perçoivent cependant des salaires supérieurs de 15 % à ceux de la province. Les autres catégories restent en retrait. La jeunesse de la population salariée et la faible proportion de très grandes entreprises (250 salariés ou plus) accentuent ces écarts.
Les principaux employeurs sont la construction (16 %), le commerce (17 %), la santé humaine et l’action sociale (13 %), les services administratifs et de soutien (11 %) et les transports/entreposage (9 %). La construction, où ouvriers et employés sont nombreux, propose les salaires moyens les plus bas du secteur privé mahorais.
En 2024, 10 % des salariés du privé à Mayotte gagnent moins de 1 210 euros nets mensuels. La moitié perçoit moins de 1 700 euros. À titre de comparaison, le salaire net moyen en province s’élève à 2 480 euros.
La part des salariés du privé dans l’emploi total à Mayotte reste inférieure à celle d’autres Drom : 57 % en Guyane, 69 % à La Réunion, 78 % dans l’Hexagone.
Le Smic mahorais s’élevait à 1 203,34 euros nets mensuels entre janvier et octobre 2024, contre 1 398,69 euros en province. Après revalorisation au 1er novembre, il atteint 1 227,97 euros à Mayotte, contre 1 426,30 euros ailleurs. Ainsi, 27 % des salariés du privé à Mayotte gagnent moins que le Smic national.
La loi de programmation n° 2025-797 prévoit une convergence du Smic mahorais vers le niveau national d’ici décembre 2031. Depuis le 1er janvier 2026, le taux horaire brut du Smic à Mayotte est fixé à 9,33 euros.
Les inégalités salariales sont plus marquées à Mayotte : le rapport entre les 10 % les mieux et les moins bien rémunérés atteint 5,2, contre 4,6 en province. Les cadres y gagnent en moyenne 4 670 euros nets mensuels, soit plus qu’à La Réunion, aux Antilles et en Guyane. Les ouvriers qualifiés et non qualifiés perçoivent des salaires inférieurs de 17 % et 13 % à ceux de la province. Les employés gagnent 9 % de moins.
La population salariée est plus jeune : 57 % ont moins de 40 ans, contre 48 % en province.
La structure des entreprises compte également : seules 21 % des salariés travaillent dans une très grande entreprise à Mayotte (contre 39 % en province). Les salaires moyens restent inférieurs, surtout dans les petites entreprises (–14 % dans celles de moins de 10 salariés).
Dans la construction, deux fois plus de salariés qu’en province mais un salaire net moyen inférieur de 15 % (1 980 euros contre 2 340 euros). Le commerce et les services administratifs affichent aussi des salaires plus bas (respectivement –11 % et –13 %). Les secteurs de la santé et des transports se rapprochent du niveau national (–3 % et –2 %).
Certains secteurs plus qualifiés, comme l’immobilier, les activités financières et d’assurance, ou l’information-communication, affichent des salaires supérieurs à la province, grâce à une part plus importante de cadres et de professions intermédiaires. Dans l’information-communication, 40 % des salariés sont cadres, avec un salaire net moyen de 5 190 euros par mois.
En 2024, les femmes représentent 36 % des salariés du privé à Mayotte et perçoivent un salaire moyen inférieur de 9 % à celui des hommes, un écart moindre qu’en province (13 %). Chez les cadres, l’écart atteint 20 % à Mayotte.
Les données proviennent de la base Tous Salariés 2024 de l’Insee, couvrant l’ensemble des salariés du privé, y compris alternants, stagiaires et bénéficiaires de contrats aidés, hors secteur agricole et particuliers employeurs.
