La gestion des marchés publics à la Sonelec, société nationale d’électricité des Comores, se retrouve sous le feu des projecteurs. Un rapport de la section des comptes de la cour suprême des Comores, consacré à l’exercice 2022, met en lumière de sérieuses lacunes dans la traçabilité des procédures et la gestion interne de l’entreprise.
Au cœur du rapport : dix-huit marchés attribués par la Sonelec pour un montant total de 4 030 milliards de francs comoriens, soit environ 8,2 millions d’euros. D’après la cour, ces contrats n’ont pas été accompagnés de tous les documents justificatifs requis. La moitié des fonds aurait servi à l’achat de pièces de révision pour six groupes électrogènes, l’autre à l’acquisition de groupes neufs.
Les sociétés Abc Contracting, Tec International et Pac Auto figurent parmi les entreprises ayant décroché ces marchés. Le rapport pointe des dossiers incomplets, voire l’absence d’autorisations nécessaires. Huit marchés, représentant plus de 216 millions de francs, n’ont jamais été documentés auprès de la cour suprême, et ce malgré plusieurs relances.
La gestion des ressources humaines n’échappe pas à la critique. Le rapport relève des variations inexpliquées de la masse salariale et des écarts de rémunération pour des postes similaires.
Autre donnée marquante : en 2022, la consommation de gasoil a représenté 56 % des charges d’exploitation de la Sonelec, soit 9 milliards de francs. Un poids lourd pour la rentabilité de l’entreprise.
Face à ce constat, la cour suprême recommande à la Sonelec d’améliorer la traçabilité de ses marchés, de renforcer la concurrence et d’envisager des investissements dans les énergies renouvelables.
