Le 7 octobre 2026, le maire de Mamoudzou, Ambdilwahedou SOUMAÏLA, accompagné d’élus municipaux, a reçu une délégation du collectif TCTF à l’Hôtel de Ville. Cette rencontre faisait suite à une demande adressée par courrier électronique le 2 octobre par le collectif, préoccupé par l’augmentation des taux de fiscalité locale pour 2026.
Les échanges ont principalement porté sur la hausse de la taxe foncière sur le bâti, passée de 9,17 % à 17,93 %, soit 8 points de plus, et de la taxe sur le non bâti, passée de 4,23 % à 8,27 %, soit 4 points supplémentaires.
Le maire a rappelé que Mamoudzou n’avait pas augmenté ses taux de fiscalité locale entre 2020 et 2025, malgré la crise sanitaire et sociale, la crise de l’eau et la hausse des prix. Selon lui, la commune avait privilégié l’amélioration du recensement des biens imposables pour générer des recettes, sans toucher aux taux. Un service dédié avait été créé à cet effet.
La situation s’est aggravée après le passage du cyclone Chido. Les dégâts sur le patrimoine communal sont estimés à 91,7 millions d’euros, alors que les assurances n’indemnisent que 12 millions d’euros, dont 8 millions déjà perçus. Les financements de l’État tardent et couvrent au mieux 80 % des opérations éligibles, laissant le reste à la charge de la commune. Pour faire face à l’urgence, la Ville a avancé les paiements sur ses propres recettes et a eu recours à l’emprunt bancaire.
Malgré la hausse, la mairie affirme que Mamoudzou reste en dessous de la moyenne des 17 communes de Mayotte sur l’essentiel de sa fiscalité locale et bien en dessous des niveaux des autres départements d’outre-mer.
Le maire a précisé que la Ville vote les taux, mais que la valeur locative, le calcul et le recouvrement de l’impôt relèvent de la Direction générale des finances publiques. Les contribuables peuvent demander des délais ou des remises gracieuses auprès du centre des finances publiques.
Les recettes supplémentaires attendues, environ 6 millions d’euros, doivent contribuer à la reconstruction post-Chido et au financement des services municipaux quotidiens : écoles, éclairage public, voirie, état civil, propreté, sécurité, action sociale, sport et loisirs.
La commune indique avoir réduit ses propres dépenses : les indemnités des élus du conseil municipal ont été baissées de 10 % et le budget de fonctionnement diminue de 6,5 % en 2026.
À l’issue de la rencontre, le maire a réaffirmé son engagement à revoir les taux à la baisse une fois la reconstruction amorcée, d’ici deux ans, à poursuivre la mobilisation auprès de l’État pour obtenir les remboursements dus, à continuer le travail de régularisation foncière et à rendre compte annuellement de l’évolution des finances lors du vote des taux.
Ambdilwahedou SOUMAÏLA a déclaré : « J’ai pris la responsabilité de ne pas augmenter les impôts pendant six ans. J’ai également pris, en toute responsabilité, celle d’ajuster les taux de la fiscalité locale pour faire face à une situation exceptionnelle. Sans Chido, les taux n’auraient pas augmenté. Je m’engage à les revoir à la baisse à partir de 2029, et je reste à l’écoute de chaque habitant. »
