À Mayotte, les délais de règlement s’allongent légèrement en 2024: 58 jours pour les paiements clients et 62 jours pour les fournisseurs, soit un jour de plus chacun sur un an. Si la progression est moins marquée qu’en 2023, le territoire demeure le seul à régler ses fournisseurs au-delà du plafond légal de 60 jours. Les délais clients, eux, frôlent ce seuil, et restent nettement supérieurs à ceux observés dans les autres DCOM, où la moyenne s’établit à 39 jours.
Les retards pèsent lourd sur la trésorerie des entreprises. Faute de dépassements, plus de 54 millions d’euros pourraient être mobilisés en 2024, un bond de 19 millions par rapport à l’an dernier. Les secteurs de la construction et du transport-entreposage concentrent l’essentiel de ce potentiel, avec respectivement plus de 31 millions (soit +10 millions sur un an) et plus de 22 millions d’euros, des filières au cœur de la reconstruction post-Chido. Au total, les besoins de trésorerie atteignent 22 jours de chiffre d’affaires, soit deux fois la moyenne ultramarine.
Côté secteur public, l’année 2025 dessine un paysage contrasté. L’État affiche un délai moyen de 30 jours, en légère hausse de 1,7 jour par rapport à 2024 et supérieur d’un jour à la moyenne des DROM, mais toujours sous le seuil réglementaire de 30 jours. [[image|URL|legende]]
La situation se dégrade en revanche nettement dans le secteur public local, dont le délai de paiement grimpe à 74,5 jours en 2025 (+18 jours), bien au-delà des 30 jours autorisés. Les établissements publics de santé améliorent sensiblement leurs délais, désormais ramenés à 90,6 jours, soit 36,6 jours de moins qu’en 2024. Ils restent néanmoins au-dessus du plafond légal de 50 jours, tout en se situant 40 jours en dessous de la moyenne des autres départements d’Outre-mer.
