MANIFESTE DES MAIRES DE MAYOTTE
« Le quotidien d’abord »
Quatorze chantiers pour changer, tout de suite, la vie des Mahorais
Adressé aux candidates et aux candidats à l’élection présidentielle de 2027
Adopté par le bureau de l’Association des maires de Mayotte et remis à chaque candidature déclarée, ainsi qu’aux formations politiques qui la soutiennent, au fur et à mesure des déplacements dans le 101e département français.
Ce manifeste n’est pas un catalogue de doléances. Il obéit à trois règles que nous nous sommes imposées et que nous vous demandons d’appliquer en retour.
Le critère du quotidien. Nous n’avons retenu que des sujets dont l’amélioration est perceptible par l’habitant en moins de vingt-quatre mois. Tout ce qui relève du long terme — désalinisation, troisième retenue collinaire, piste longue, hôpital de Combani — est utile, mais ne figure pas ici : ce n’est pas l’objet.
Le critère de la faisabilité. Chaque demande est adossée à un vecteur juridique ou budgétaire identifié : loi de finances, ordonnance, décret, contrat de convergence, appel à projets. Nous indiquons lequel.
Le critère de la responsabilité partagée. Pour chaque chantier, les communes indiquent ce qu’elles s’engagent elles-mêmes à faire. Nous ne demandons rien que nous ne soyons prêts à porter avec l’État, le Département, les intercommunalités et les opérateurs.
MAYOTTE EN QUELQUES CHIFFRES
323 153 habitants au 1er janvier 2026 selon le recensement exhaustif de l’INSEE, soit +26 % depuis 2017 ; les maires estiment la population réelle entre 400 000 et 500 000 personnes.
860 habitants au km², une densité comparable à celle des départements de la petite couronne francilienne, sur un territoire de 374 km² au relief accidenté.
117 960 élèves scolarisés — près d’un habitant sur trois est un enfant en âge d’être scolarisé.
15 192 enfants de 3 à 15 ans non scolarisés à la rentrée 2025, soit 12,7 % de la classe d’âge, contre 13 689 en 2024 et 12 604 en 2023 (Observatoire de la non-scolarisation).
Environ 37 % de chômage avant le cyclone, et un niveau de vie plusieurs fois inférieur à la moyenne nationale ; 17,8 % des chefs d’entreprise redoutent la défaillance de leur société dans l’année (IEDOM).
Environ 77 000 résidences principales, dont près de 24 000 logements informels s’étendant sur quelque 300 hectares (source : ministère chargé du logement, création de l’OIN, 2025).
35 % des logements sont en tôle ; 25 % des ménages n’ont pas l’eau courante à l’intérieur du logement ; 19 % n’ont pas l’électricité, contre 6 % en 2013 ; 54 % ne disposent pas du confort sanitaire de base (INSEE, enquête logement, avant le cyclone Chido).
27 % des ménages seulement sont motorisés, contre 81 % dans l’Hexagone.
Le cyclone Chido, le 14 décembre 2024, a détruit une part majeure du bâti et des réseaux ; la reconstruction est engagée mais loin d’être achevée.
Mayotte, le 24 août 2026
LE MOT DU PRÉSIDENT
Mesdames et Messieurs les candidates et candidats à la présidence de la République,
Mayotte vient d’ouvrir, avec la venue de M. Édouard Philippe, la longue séquence qui conduira notre pays à l’élection présidentielle de 2027. D’autres viendront après lui. Nous les recevrons tous avec la même exigence et la même courtoisie républicaine, parce que nous croyons que le débat national se grandit lorsqu’il commence par les territoires où la République est le plus mise à l’épreuve.
Nous avons écouté les annonces. Une piste longue. Un second grand hôpital. Les contournements de Mamoudzou. Un nouvel établissement pénitentiaire. Ces projets sont légitimes et, pour plusieurs d’entre eux, indispensables : les maires de Mayotte les soutiennent et continueront de les porter. Mais nous devons dire, avec la gravité que la situation impose, une vérité que nos administrés connaissent déjà : aucun de ces équipements ne modifiera la vie quotidienne d’une famille mahoraise avant dix à quinze ans. Ce sont des réponses de mandat suivant, parfois de génération suivante.
Nous vous écrivons un jour de rentrée scolaire. C’est la date que nous avons choisie, parce qu’elle dit tout. Ce matin, dans nos dix-sept communes, des dizaines de milliers d’enfants ont repris le chemin de l’école. Et plus de quinze mille autres ne l’ont pas pris : ils attendent une affectation, parfois depuis un an, parfois depuis quatre. Dans le même temps, des groupes scolaires détruits par le cyclone Chido fonctionnent encore en rotations, deux à trois heures de cours par jour, faute de crédits effectivement versés — non pas faute de crédits promis, ni même notifiés, mais faute de crédits arrivés. C’est de cet écart-là, entre ce qui est annoncé et ce qui parvient réellement aux habitants, que ce manifeste veut vous entretenir.
Car ce que vivent nos concitoyens relève de l’immédiat. Une mère qui se lève à quatre heures du matin pour être à l’heure au travail. Un enfant qui contourne une meute de chiens errants pour aller à l’école — quand il a une école. Une famille privée d’eau au robinet trente-six heures sur soixante-douze et qui achète, au prix fort, des packs qu’aucun dispositif durable n’encadre. Un quartier sans éclairage public où la nuit tombe à dix-huit heures et interdit toute vie sociale. Une personne atteinte de troubles psychiques graves, sans soin ni hébergement, en danger et parfois dangereuse. Un pêcheur exclu des aides parce qu’on lui demande des déclarations qui n’ont jamais existé. Un jeune né ici, scolarisé ici, qui à dix-huit ans ne peut ni signer un contrat d’apprentissage ni être éloigné. Une entreprise qui licencie en attendant d’être payée d’un chantier public. Une ravine transformée en égout à ciel ouvert. Un bidonville qui se reconstitue en quinze jours à l’endroit même où il venait d’être démoli.
Ces réalités-là ne relèvent ni de la fatalité, ni de la seule immigration, ni de projets pharaoniques. Elles relèvent de politiques publiques ordinaires — celles qui, partout ailleurs en France, sont considérées comme acquises. C’est précisément cela qui nourrit, chez les Mahorais, un sentiment d’abandon que nous ne pouvons plus laisser prospérer sans réponse. Et c’est sur ce terreau que prospèrent aussi celles et ceux qui contestent l’appartenance de Mayotte à la République : rien ne sert mieux leur cause que le sentiment, chez nos habitants, d’être français en droit et oubliés en fait.
Les maires de Mayotte ne viennent pas devant vous en position de demandeurs. Nous venons en responsables d’exécutifs locaux qui exercent, chaque jour, des compétences réelles avec des moyens qui ne le sont pas. Nous portons ici quatorze chantiers du quotidien. Ils sont documentés, chiffrables, juridiquement instruits, et pour l’essentiel réalisables en moins d’un mandat. Ils ne coûtent pas des milliards : ils coûtent une décision.
Nous vous demandons de les examiner, de nous dire ce que vous retenez et ce que vous écartez, et de vous engager publiquement. Nous rendrons compte à nos populations, sans polémique et sans complaisance, des réponses que chacune et chacun d’entre vous aura apportées. Les maires de Mayotte seront ensuite des partenaires loyaux et exigeants de celui ou celle que les Français auront choisi.
Mayotte n’attend pas des promesses supplémentaires. Mayotte attend que l’on s’occupe enfin de son quotidien.
Ambdilwahedou SOUMAÏLA
Président de l’Association des maires de Mayotte
Maire de Mamoudzou
CHIENS ERRANTS
Le constat
L’errance canine n’est pas, à Mayotte, une nuisance : c’est un fait de sécurité publique. Des meutes se constituent dans les quartiers, aux abords des écoles, sur les axes de circulation et dans les zones d’habitat informel où les déchets alimentaires abondent. Les morsures d’enfants et d’adultes, les accidents de deux-roues provoqués par des chiens divagants, les attaques d’animaux d’élevage et la peur qui conduit des familles à modifier leurs trajets sont documentés par nos services de police municipale et nos centres communaux d’action sociale.
Face à cela, les moyens sont sans commune mesure avec le phénomène. Le « plan chien » lancé par l’État repose sur un appel à projets national doté de 3 millions d’euros pour l’ensemble du territoire national, avec des subventions de 10 000 à 100 000 euros par projet. En 2025, un peu plus de 240 chiens et chiots ont été capturés sur l’ensemble de Mayotte. Rapporté à la population canine estimée, ce résultat, obtenu par des agents dévoués, n’a aucun effet mesurable sur le terrain.
Surtout, le droit place les maires dans une situation intenable. L’article L. 211-24 du code rural et de la pêche maritime impose à chaque commune de disposer d’une fourrière ou du service d’une fourrière ; l’article L. 211-22 lui impose de faire capturer les animaux errants. Aucune commune de Mayotte ne dispose d’un équipement conforme. Nos arrêtés de police sont donc, en pratique, inapplicables — et notre responsabilité juridique reste, elle, pleinement engagée.
Le coût de l’inaction
Chaque morsure grave mobilise les urgences, un protocole antirabique et parfois une hospitalisation, dans un système de soins déjà saturé. S’y ajoutent les risques zoonotiques, les coûts d’équarrissage supportés par les communes sans ligne budgétaire dédiée, et un contentieux de responsabilité communale qui ne demande qu’à prospérer. L’inaction coûte déjà : elle coûte de façon dispersée et non comptabilisée.
Ce que nous demandons
Un plan territorial d’éradication de l’errance canine sur cinq ans, doté d’une enveloppe spécifique à Mayotte, sanctuarisée en loi de finances et non soumise au régime de l’appel à projets annuel, articulant capture, identification, stérilisation massive et gestion des animaux capturés.
La création d’au moins deux fourrières intercommunales conformes (Grande-Terre nord, Grande-Terre sud) et d’un dispositif mutualisé pour Petite-Terre, financés à 100 % en investissement et accompagnés d’un soutien pluriannuel au fonctionnement.
L’implantation à Mayotte d’une capacité vétérinaire publique (postes de vétérinaires territoriaux, conventionnement avec l’École nationale des services vétérinaires et les associations agréées) : aucun plan de stérilisation n’est exécutable sans praticiens présents sur l’île.
L’adaptation du cadre réglementaire outre-mer pour sécuriser juridiquement les maires dans l’exercice de leurs pouvoirs de police tant que le maillage de fourrières n’est pas achevé.
Ce que les communes s’engagent à faire : déployer des brigades communales et intercommunales de capture formées, généraliser l’identification des animaux détenus, et intégrer la lutte contre l’errance canine aux conseils locaux de sécurité et de prévention de la délinquance.
DOTATIONS ET RECENSEMENT
Le constat
Le recensement exhaustif conduit en 2025 établit la population de Mayotte à 323 153 habitants au 1er janvier 2026. Les maires de Mayotte ne contestent ni la compétence ni la probité de l’INSEE. Ils constatent en revanche un écart persistant entre ce chiffre et la réalité que mesurent quotidiennement leurs services : effectifs scolaires, volumes de déchets collectés, consommations d’eau, fréquentation des équipements, demandes d’état civil, files d’attente des centres communaux d’action sociale. Plusieurs facteurs propres au territoire pèsent sur la mesure : opération conduite en période de congés scolaires, part importante de logements non enquêtés dans les zones d’habitat informel, refus de participation, dynamique migratoire continue.
L’enjeu n’est pas statistique, il est budgétaire. La population légale détermine la population dite « DGF » au sens de l’article L. 2334-2 du code général des collectivités territoriales, et par conséquent la dotation forfaitaire, les dotations de péréquation et la plupart des concours financiers de l’État. Pour 2026, les dix-sept communes de Mayotte se partagent environ 96,4 millions d’euros de dotation globale de fonctionnement — de 29,18 millions d’euros pour Mamoudzou à 1,90 million d’euros pour Acoua. Rapportée aux 323 153 habitants recensés, cette enveloppe représente environ 298 euros par habitant. Rapportée à une population réelle de 400 000 personnes, elle tombe à 241 euros ; à 500 000, à 193 euros. Le service public communal, lui, est rendu à la population réellement présente.
S’y ajoute un effet de décalage : près de dix années séparent la référence antérieure du recensement de 2025, dans un territoire dont la population croît de 2,8 % par an. Aucun mécanisme de rattrapage n’a compensé cette décennie.
Le coût de l’inaction
L’écart se traduit en classes surchargées, en collecte des déchets sous-dimensionnée, en équipements saturés et en capacité d’autofinancement quasi nulle — laquelle interdit de mobiliser les cofinancements européens et nationaux, qui supposent un apport local. Il alimente enfin une défiance légitime : nos habitants ne comprennent pas qu’on leur oppose des moyens calibrés pour une population qui n’est pas la leur.
Ce que nous demandons
Une conférence technique État – INSEE – Association des maires de Mayotte, installée dans les six premiers mois du quinquennat, chargée d’objectiver les écarts par croisement avec les fichiers scolaires, de santé, d’eau, de déchets et d’état civil, et de publier ses conclusions.
Un mécanisme de rattrapage pluriannuel inscrit en loi de finances, corrigeant l’effet de la décennie sans recensement de référence, et lissé sur la durée du mandat.
Un coefficient de charges réelles pour Mayotte dans le calcul des dotations, tenant compte de la structure démographique (part des moins de 20 ans), de la part de l’habitat informel, de l’absence de bases fiscales mobilisables et du coût de construction insulaire — sur le modèle des majorations déjà admises pour d’autres situations atypiques.
Ce que les communes s’engagent à faire : mobiliser leurs services et leurs réseaux associatifs pour la réussite des prochaines opérations de recensement et rendre publiques leurs propres données d’usage des services.
VOIRIE ET ÉCLAIRAGE PUBLIC
Le constat
Dans l’Hexagone, la longueur de voirie communale est un critère structurant de la répartition des concours financiers de l’État, notamment au sein de la dotation de solidarité rurale. Les communes d’outre-mer, elles, perçoivent une quote-part calculée globalement à partir d’un rapport de populations : les critères physiques d’aménagement — longueur de voirie, superficie, relief — n’y entrent pas. Résultat : à Mayotte, aucun euro de dotation n’est aujourd’hui adossé au linéaire de voirie communale à créer, à mettre aux normes et à entretenir.
Or nos communes cumulent les handicaps : un relief accidenté qui renchérit tout ouvrage, des ravines qui imposent des ouvrages d’art, des quartiers entiers desservis par des voies non revêtues et non cadastrées, une pluviométrie tropicale qui détruit une chaussée mal drainée en deux saisons, et un urbanisme spontané qui a créé du bâti là où aucune voirie n’était prévue. À cette voirie manquante s’ajoute son corollaire : l’éclairage public. Sous nos latitudes, la nuit tombe entre dix-sept et dix-neuf heures toute l’année. Un quartier non éclairé, ce n’est pas un quartier moins confortable : c’est un quartier où la vie s’arrête, où les femmes ne sortent plus, où les jeunes ne rentrent pas des activités périscolaires, où les « coupeurs de route » opèrent et où aucune patrouille ni service de secours ne peut intervenir utilement.
Le coût de l’inaction
L’éclairage public est, de tous les investissements de sécurité, celui dont le rapport coût-efficacité est le mieux établi ; c’est aussi celui que nos communes ne peuvent pas financer. Les quartiers non éclairés concentrent la délinquance nocturne et mobilisent des moyens de police très supérieurs au coût des luminaires. Une voirie non drainée, elle, se dégrade plusieurs fois plus vite : la dépense d’investissement évitée revient en dépense d’entretien perpétuelle. Enfin, l’absence de voirie carrossable interdit l’accès des secours, de la collecte et des transports scolaires à des quartiers entiers.
Ce que nous demandons
La création d’une dotation spécifique « voirie et éclairage public » pour Mayotte, instaurée en loi de finances, assise sur le linéaire de voirie communale existante et à créer, avec une majoration pour relief et pour desserte de quartiers en résorption d’habitat informel.
L’intégration explicite de l’éclairage public dans les dépenses éligibles de cette dotation, en investissement comme en fonctionnement, ainsi que dans les crédits du fonds interministériel de prévention de la délinquance déployés à Mayotte.
Un programme « Mayotte éclairée » sur cinq ans, ciblant en priorité les abords d’écoles, les arrêts du réseau interurbain, les cheminements piétons et les quartiers prioritaires — l’ensemble du territoire étant désormais qualifié en quartiers prioritaires de la politique de la ville par la loi de refondation.
Le recours aux solutions solaires autonomes pour les secteurs non raccordés, avec un marché-cadre territorial permettant aux communes de commander à des conditions mutualisées.
Ce que les communes s’engagent à faire : établir un inventaire homogène et géolocalisé de leur voirie et de leur parc d’éclairage dans les douze mois, adopter des schémas directeurs communaux, et mutualiser à l’échelle intercommunale la maintenance et l’achat d’énergie.
SE DÉPLACER PAR LA MER
Le constat
La congestion routière est, avec l’eau, le premier motif de plainte de nos administrés. Des milliers de Mahorais quittent leur domicile avant quatre heures du matin pour rejoindre Mamoudzou. Le lancement du réseau interurbain M’Safara, le 22 mai 2026, constitue un progrès réel que les maires saluent ; mais il partage la même chaussée que les voitures : lors des essais, une liaison Mamoudzou – Dzoumogné annoncée en trente minutes en a demandé quatre-vingts. Les contournements routiers, quant à eux, ne produiront d’effet qu’au terme d’une décennie de procédures et de travaux.
Mayotte dispose pourtant d’une infrastructure déjà là, gratuite, sans expropriation et sans terrassement : son lagon. Deux lignes maritimes de passagers sont étudiées — Longoni – Mamoudzou au nord, Iloni – Mamoudzou au sud — avec des navettes de cent à cent cinquante places et des pontons dimensionnés en conséquence. Environ 2 millions d’euros d’études ont déjà été engagés. Mais le projet reste suspendu à l’achèvement des pontons et souffre d’une gouvernance éclatée entre le Département-Région et l’intercommunalité, chacun conduisant son propre projet. Pendant ce temps, les amphidromes assurant la liaison Grande-Terre – Petite-Terre connaissent des immobilisations récurrentes, faute de flotte suffisante et de maintenance sécurisée.
Le coût de l’inaction
La congestion coûte des heures de travail perdues, des retards scolaires, des consultations manquées et une consommation de carburant qui pèse sur le pouvoir d’achat des ménages. Elle dissuade l’implantation d’activités et impose des arbitrages absurdes — renoncer à un emploi parce qu’il est de l’autre côté de l’île. Elle constitue enfin un facteur direct d’insécurité, en concentrant à la tombée de la nuit des flux piétons captifs sur des axes non éclairés.
Ce que nous demandons
L’inscription du transport maritime de passagers comme priorité n° 1 de mobilité à Mayotte dans le prochain contrat de convergence et de transformation, avec un objectif de mise en service commerciale des deux premières lignes avant la fin 2028.
Un financement dédié des pontons et de la flotte — infrastructures d’accostage, parcs relais, navettes, ateliers de maintenance — mobilisant crédits d’État, fonds européens et Banque des territoires dans un plan unique et non par appels à projets successifs.
L’unification de la maîtrise d’ouvrage au sein d’un syndicat mixte de transport réunissant le Département-Région, les intercommunalités et les communes, doté d’une ingénierie financée par l’État pendant sa phase d’amorçage.
La sécurisation et le renouvellement de la flotte d’amphidromes, ainsi qu’une tarification sociale unique intégrant bus, navettes maritimes et barges, adossée à un versement mobilité adapté à la structure économique du territoire.
Ce que les communes s’engagent à faire : réserver et sécuriser le foncier littoral nécessaire aux pontons et aux parcs relais, adapter leurs documents d’urbanisme, et organiser le rabattement des lignes de bus communales et scolaires vers les embarcadères.
SANTÉ MENTALE
Le constat
Des personnes atteintes de troubles psychiatriques sévères errent dans nos rues, nos marchés et nos places. Certaines sont en danger permanent ; d’autres présentent une dangerosité réelle et ont déjà agressé des habitants. Aucun maire de Mayotte ne peut aujourd’hui apporter à ces situations une réponse conforme à la dignité des personnes ni à la sécurité des concitoyens.
La cause est structurelle : l’offre de soins psychiatriques est indigente. Le service de psychiatrie du centre hospitalier de Mayotte, gravement endommagé par le cyclone Chido du 14 décembre 2024, fonctionnait encore dix mois plus tard dans des locaux dispersés et dégradés, avec une dizaine de soignants et des conditions de travail décrites comme invivables par les professionnels eux-mêmes. Le projet territorial de santé mentale couvrait la période 2021-2025 et n’a pas été doté à la hauteur des besoins. Il n’existe pas, sur le territoire, de filière complète associant urgence psychiatrique, hospitalisation, équipe mobile, hébergement adapté et suivi médico-social.
Les maires se retrouvent alors seuls face au droit. L’article L. 3213-2 du code de la santé publique leur impose de prendre, en cas de danger imminent, des mesures provisoires d’admission en soins psychiatriques. Nous les prenons. Mais elles n’ont aucun débouché : équipe mobile d’intervention sous-dotée, ni lit pour accueillir, ni structure médico-sociale pour prendre le relais de façon effective. Nos polices municipales, non formées à la crise psychiatrique, sont en première ligne. C’est intenable pour les personnes malades, pour leurs familles, pour nos agents et pour la population.
Le coût de l’inaction
L’absence de filière transfère la charge sur les urgences hospitalières, les forces de sécurité et, en dernier ressort, l’institution judiciaire et pénitentiaire — trajectoires plus coûteuses et moins efficaces. Elle produit des drames évitables et nourrit un sentiment d’insécurité diffus qui pèse sur la vie de quartier, au-delà des faits eux-mêmes.
Ce que nous demandons
Un plan d’urgence pour la psychiatrie à Mayotte, doté et calendé, comprenant la reconstruction complète et prioritaire du service de psychiatrie du centre hospitalier, un plan de recrutement et de fidélisation des psychiatres, infirmiers de pratique avancée et psychologues, et des capacités d’hospitalisation dimensionnées à la population réelle.
La création d’équipes mobiles psychiatrie-précarité intervenant dans l’espace public, en lien direct avec les maires et les polices municipales, avec une capacité d’intervention effective sept jours sur sept.
L’ouverture de places d’hébergement et de structures médico-sociales adaptées — appartements de coordination thérapeutique, lits halte soins santé, foyers d’accueil médicalisés — aujourd’hui quasi inexistantes sur le territoire.
Un nouveau projet territorial de santé mentale 2027-2032 doté d’un budget identifié, et le financement d’un conseil local de santé mentale dans chaque commune ou intercommunalité, animé et coordonné avec les maires.
La formation obligatoire des polices municipales à la gestion de la crise psychiatrique, financée par l’État, et un protocole opérationnel unique maire – préfet – agence régionale de santé – hôpital.
Ce que les communes s’engagent à faire : installer et présider les conseils locaux de santé mentale, mettre à disposition du foncier et des locaux pour les structures de proximité, et intégrer le repérage des situations d’errance psychiatrique au travail de leurs centres communaux d’action sociale.
EAUX PLUVIALES ET ASSAINISSEMENT
Le constat
La gestion des eaux pluviales urbaines constitue, depuis 2018, une compétence obligatoire des communes et des intercommunalités, qualifiée par l’article L. 2226-1 du code général des collectivités territoriales de service public administratif — ce qui interdit de la financer par une redevance et impose de la faire porter par le budget général. Cette règle, déjà contraignante dans l’Hexagone, est inapplicable à Mayotte, où les budgets généraux communaux n’ont ni la ressource fiscale ni la capacité d’autofinancement nécessaires.
Les conséquences sont visibles de tous. Les eaux de ruissellement, chargées par les rejets domestiques des zones non raccordées, dévalent les pentes, ravinent les voiries, s’engouffrent dans les ravines et rejoignent le lagon. L’assainissement collectif ne couvre qu’une fraction du territoire ; l’assainissement non collectif, très majoritairement non conforme, se déverse dans le milieu naturel. Les épisodes de fortes pluies provoquent inondations, glissements de terrain et coupures de desserte, avec des risques sanitaires documentés — leptospirose, maladies hydriques, épisodes de choléra ces dernières années.
Le coût de l’inaction
Chaque euro non investi dans le drainage se paie plusieurs fois : en réfection de voirie, en dommages aux réseaux d’eau et d’électricité, en dégradation du lagon — qui est aussi un actif touristique et halieutique. Les inondations récurrentes détruisent des logements déjà précaires et mobilisent les moyens de secours. L’exposition aux eaux usées pèse directement sur la morbidité infantile et sur les capacités du système de soins. L’absence de conformité expose enfin le territoire à des contentieux environnementaux et compromet l’éligibilité à certains financements.
Ce que nous demandons
Un plan « eaux pluviales et assainissement Mayotte 2027-2035 », unique, doté et piloté, se substituant à l’empilement actuel de programmes et d’appels à projets, avec des objectifs de raccordement annuels publics et vérifiables.
Un régime de financement dérogatoire du service public de gestion des eaux pluviales urbaines à Mayotte : dotation d’État couvrant l’investissement et une part du fonctionnement pendant la phase de rattrapage, ou possibilité d’un financement par redevance adaptée — le statu quo, qui impose une charge sans ressource, n’est pas tenable.
Le renforcement des moyens de l’Office de l’eau et de l’opérateur d’assainissement, avec une ingénierie de maîtrise d’ouvrage mise à disposition des communes, financée par l’État.
Le traitement prioritaire des ravines urbaines de Mamoudzou, Koungou, Dembéni, Tsingoni et Bandraboua, dans une logique combinée de prévention des inondations, de santé publique et de protection du lagon.*
Ce que les communes s’engagent à faire : adopter des zonages d’assainissement et des schémas directeurs des eaux pluviales à jour, imposer la gestion des eaux pluviales à la parcelle dans les autorisations d’urbanisme, et mutualiser l’exploitation à l’échelle intercommunale.
*Source INSEE Analyses Mayotte, « Des conditions de logement toujours précaires à Mayotte, malgré quelques améliorations » : habitat en tôle, accès à l’eau, à l’électricité et au confort sanitaire.
EAU POTABLE
Le constat
Les Mahorais vivent, depuis plusieurs années, au rythme des tours d’eau. Le régime le plus courant alterne trente-six heures de distribution et trente-six heures de coupure, avec des durcissements réguliers selon l’état des retenues. Les habitants organisent leur vie autour de cette contrainte : stockage, horaires de lessive et de toilette, absentéisme scolaire, fermetures d’établissements.
Les maires soutiennent les projets structurants — extension de l’usine de dessalement, troisième retenue collinaire, sécurisation des captages, réduction des pertes sur les réseaux. Mais ces ouvrages ne produiront d’effet qu’à moyen et long terme. Entre aujourd’hui et leur mise en service, une politique de la période de pénurie est nécessaire. Elle est aujourd’hui quasi inexistante.
Le point le plus douloureux est celui du prix. En période de coupure, les familles se rabattent sur l’eau en bouteille. Les gels de prix décidés par arrêté préfectoral et le bouclier qualité-prix sont des dispositifs ponctuels, annuels ou de crise, qui ne constituent pas un encadrement durable. Pour un ménage dont les revenus sont sans commune mesure avec ceux de l’Hexagone — le niveau de vie médian à Mayotte est plusieurs fois inférieur à la moyenne nationale et une très large majorité de la population vit sous le seuil de pauvreté — acheter l’eau au pack est un appauvrissement mécanique. À cela s’ajoute que 25 % des ménages n’ont pas l’eau courante à l’intérieur du logement et dépendent des bornes-fontaines, elles-mêmes soumises aux coupures.
Le coût de l’inaction
La pénurie dégrade l’hygiène, favorise les maladies hydriques, désorganise l’école et l’activité, et impose aux communes des dépenses non prévues. Elle produit surtout un effet politique majeur : c’est sur l’eau que se cristallise, plus que sur tout autre sujet, le sentiment d’abandon de la population mahoraise. Aucune politique de cohésion ne tiendra tant que ce sujet ne sera pas traité comme une urgence nationale.
Ce que nous demandons
Un encadrement pérenne et opposable du prix de l’eau conditionnée à Mayotte — prix plafond réglementé sur un pack de référence, garanti par la loi et non par des arrêtés ponctuels, assorti d’un contrôle effectif des marges de la chaîne d’importation et de distribution.
Un dispositif permanent de solutions palliatives les jours de coupure : rampes de distribution et bornes-fontaines sécurisées dans chaque quartier, citernes-relais dimensionnées, approvisionnement garanti des écoles, des dispensaires et des établissements accueillant des publics fragiles.
Un « chèque eau » et un tarif social effectif pour les ménages sous conditions de ressources, les familles nombreuses, les personnes âgées, les personnes en situation de handicap et les malades chroniques, avec un repérage confié aux centres communaux d’action sociale et financé par l’État.
La publication d’un calendrier officiel, contraignant et opposable des tours d’eau, assorti d’une information fiable en amont, dans les langues du territoire, et d’un dispositif d’indemnisation en cas de manquement caractérisé.
Un plan d’urgence sur les pertes en réseau : chaque point de rendement gagné produit de l’eau immédiatement disponible, à un coût sans commune mesure avec celui de nouveaux ouvrages.
Ce que les communes s’engagent à faire : mettre à disposition le foncier des points de distribution, organiser via leurs centres communaux d’action sociale le repérage et l’accompagnement des personnes vulnérables, et assurer le relais d’information de proximité auprès des habitants.
ÉCOLE
Le constat
Selon l’Observatoire de la non-scolarisation, 15 192 enfants âgés de 3 à 15 ans n’étaient pas scolarisés à la rentrée 2025 à Mayotte, soit 12,7 % de cette classe d’âge. Ils étaient 13 689 en 2024 et 12 604 en 2023 : la courbe monte, année après année. La cause principale n’est ni le refus des familles, ni l’absentéisme : c’est l’absence de places. Des enfants attendent un an, deux ans, parfois quatre ans une affectation. Chaque rentrée reconduit et aggrave le stock de l’année précédente.
Les communes sont propriétaires, constructeurs et gestionnaires des écoles du premier degré. Elles portent donc l’obligation de scolarisation sans en avoir les moyens — et le cyclone Chido a violemment aggravé la situation. À Mamoudzou, les destructions dans les écoles ont été évaluées à 12 millions d’euros.
S’ajoute un problème que les maires veulent nommer précisément, parce qu’il est peu compris à Paris : un crédit notifié n’est pas un crédit versé. Sur le fonds d’amorçage de 100 millions d’euros annoncé après le cyclone, une commune ayant sollicité 9 millions d’euros pour la réhabilitation de ses écoles n’a vu notifier que 2 millions d’euros, par six arrêtés successifs, sans aucun décaissement ; au total, 800 000 euros seulement lui avaient été effectivement octroyés. Pour payer les entreprises qui avaient travaillé, la commune a dû emprunter. Le retard de l’État se transforme ainsi en dette communale et en trésorerie négative pour les entreprises locales.
Le coût de l’inaction
Un enfant non scolarisé à six ans est un adulte sans qualification à dix-huit. La non-scolarisation est, à Mayotte, le premier producteur d’exclusion, d’économie informelle et de délinquance : elle coûte infiniment plus cher, plus tard, que la salle de classe qui n’a pas été construite. Les rotations et les demi-journées dégradent par ailleurs les apprentissages de tous les élèves, y compris ceux qui ont une place. Enfin, la lenteur des versements bloque les chantiers, renchérit les marchés et fragilise les entreprises qui les exécutent.
Ce que nous demandons
Un plan de rattrapage scolaire opposable, avec un objectif public — zéro enfant sans affectation à la rentrée 2032.
Un programme pluriannuel de construction et de reconstruction du premier degré, financé à un taux dérogatoire proche de 100 %, prolongeant et amplifiant les marchés globaux de conception-réalisation ouverts jusqu’en 2030 par la loi de refondation. A cela, rajouter un fonds dédié au fonctionnement compte-tenu de l’impact de la persistence des rotations scolaires sur l’état du bâti.
La transformation des crédits notifiés en crédits effectivement décaissés : acompte automatique de 60 % à la notification, délai maximal de versement opposable à l’État, intérêts moratoires de plein droit, et tableau de bord public commune par commune.
La prise en charge par l’État des surcoûts du régime dégradé — rotations, transports, restauration, sécurisation, locaux provisoires — tant que la reconstruction n’est pas achevée.
La montée en charge du fonds de soutien aux activités périscolaires recréé par la loi de refondation, et l’ingénierie permettant aux communes de le mobiliser réellement. Créer un fonds spécifique pour accompagner le passage des collations à une restauration scolaire généralisée dans les écoles primaires.
Ce que les communes s’engagent à faire : assurer la maîtrise d’ouvrage des constructions scolaires, réserver et sanctuariser le foncier scolaire dans les documents d’urbanisme, partager avec le rectorat une programmation pluriannuelle des places, et publier chaque rentrée l’état des affectations.
PÊCHE
Le constat
La filière compte environ 130 pêcheurs officiellement recensés, dont une dizaine seulement sont à jour de l’ensemble de leurs obligations déclaratives. Après le cyclone Chido, le régime d’aide européen destiné au remplacement des embarcations détruites exige de retracer les quantités pêchées l’année précédente : une condition impossible à remplir pour la très grande majorité des professionnels. Résultat, une vingtaine de pêcheurs sur cent trente peuvent y prétendre. Dans le même temps, des dizaines de bateaux restent immobilisés à quai pour non-conformité aux normes européennes, et le décret devant séparer les filières pêche et agriculture, pourtant décidé, attend toujours sa publication.
Le problème n’est donc pas l’absence de dispositifs : c’est que les dispositifs sont calibrés pour des filières structurées, et que leurs critères d’éligibilité excluent mécaniquement la quasi-totalité des pêcheurs mahorais. Les exclusions ne sont pas un effet de bord : elles sont le résultat prévisible de règles conçues ailleurs et appliquées sans adaptation.
Le coût de l’inaction
Le territoire reste dépendant du poisson importé alors qu’il dispose d’une zone économique exclusive considérable et d’une ressource de proximité. Des centaines d’emplois ne sont pas créés, une filière entière reste dans l’informel, et la valeur ajoutée du lagon échappe aux Mahorais. Chaque année d’exclusion des dispositifs éloigne un peu plus la profession des conditions qui lui permettraient d’y entrer.
Ce que nous demandons
Une clause d’adaptation systématique des dispositifs européens et nationaux à la situation mahoraise : des critères d’éligibilité fondés sur des faisceaux d’indices vérifiables — inscription maritime, assurance, témoignages professionnels, contrôles de terrain — et non sur des déclarations antérieures qui n’ont jamais existé.
L’inscription explicite de Mayotte dans la négociation et les retombées des accords de pêche conclus par l’Union européenne dans la zone du canal du Mozambique, afin que la ressource de son environnement maritime bénéficie d’abord à ses habitants.
Un plan financé de mise aux normes et de renouvellement de la flottille, assorti d’un accompagnement individuel de chaque patron pêcheur jusqu’à la remise en conformité.
La publication sans délai du décret séparant les filières pêche et agriculture, et l’appui à la constitution d’une organisation de producteurs mahoraise capable de porter les dossiers collectifs.
Les équipements manquants de la filière — points de débarquement aménagés, chaîne du froid, halles à marée, ateliers de réparation — et un guichet unique d’accompagnement administratif, avec des agents présents et parlant les langues du territoire.
Ce que les communes s’engagent à faire : mettre à disposition le foncier littoral nécessaire aux points de débarquement et aux halles, aménager des points de vente de proximité, et ouvrir la restauration scolaire communale aux produits de la pêche locale.
AGRICULTURE
Le constat
Chaque campagne de la politique agricole commune met des agriculteurs mahorais, souvent peu équipés et peu familiers des procédures dématérialisées, face à une déclaration entièrement numérique, dont les délais doivent être prolongés d’année en année et dont le dépassement est sanctionné par des pénalités quotidiennes. Les enveloppes du POSEI consacrées à Mayotte sont, de l’aveu même des travaux parlementaires récents, très faibles au regard des besoins de développement agricole du territoire ; et leurs critères — au premier rang desquels l’adhésion obligatoire à une organisation de producteurs — écartent les petits producteurs, qui constituent pourtant l’essentiel de l’agriculture mahoraise.
S’y ajoutent deux verrous propres au territoire. Le désordre foncier, qui affecte plus de 70 000 parcelles, empêche des milliers d’exploitants de justifier de la maîtrise des surfaces qu’ils cultivent, et donc d’accéder aux aides. Et la pression de l’urbanisation informelle grignote continûment les terres agricoles, sans que les communes disposent des moyens de les protéger.
Le coût de l’inaction
Mayotte importe la quasi-totalité de son alimentation, ce qui pèse sur les prix, sur le pouvoir d’achat et sur la vulnérabilité du territoire à toute rupture d’approvisionnement. Une agriculture vivrière active mais non reconnue reste hors de l’économie déclarée, sans revenu sécurisé ni protection sociale. Et chaque hectare perdu au profit de l’habitat informel est perdu définitivement.
Ce que nous demandons
Une enveloppe POSEI propre à Mayotte, revalorisée et sanctuarisée, dotée de critères d’éligibilité adaptés aux petites exploitations et à l’agriculture vivrière, sans obligation d’adhésion préalable à une organisation de producteurs.
Un accompagnement humain massif des déclarations : permanences dans chaque commune, appui en shimaoré et en kibushi, agents dédiés — et la suspension des pénalités de retard tant que ce service d’accompagnement n’est pas effectivement déployé.
L’articulation explicite du plan de régularisation foncière avec l’accès aux aides agricoles, afin que le désordre foncier cesse d’être un motif d’exclusion.
La protection des terres agricoles dans les opérations d’aménagement et de résorption de l’habitat informel, avec des moyens de police et de veille foncière donnés aux communes.
Un plan de souveraineté alimentaire de Mayotte, assorti d’objectifs publics de couverture des besoins et de débouchés garantis par la commande publique, à commencer par la restauration scolaire.
Ce que les communes s’engagent à faire : sanctuariser les zones agricoles dans leurs documents d’urbanisme, mobiliser du foncier communal pour l’installation, et ouvrir la restauration scolaire aux productions locales.
JEUNESSE
Le constat
Mayotte est le territoire le plus jeune de France : près d’un habitant sur trois est en âge d’être scolarisé. C’est aussi celui où le chômage est le plus élevé — il touchait environ 37 % de la population active avant le cyclone. Chaque année, des milliers de jeunes sortent du système scolaire sans qualification, et plus de quinze mille enfants n’y entrent même pas.
Au sein de cette jeunesse, une catégorie se trouve dans une impasse que les maires rencontrent tous les jours. Des jeunes nés à Mayotte ou arrivés très tôt, scolarisés par la République pendant dix ou quinze ans, atteignent leur majorité sans titre de séjour. Ils ne remplissent pas les critères de régularisation ; ils ne font pas non plus l’objet d’un éloignement effectif. Ils ne peuvent alors ni signer un contrat d’apprentissage, ni entrer en formation qualifiante, ni passer un permis de conduire, ni être embauchés légalement, ni ouvrir un compte professionnel. Ce statut n’est écrit dans aucun texte : il est le produit d’un vide. Et c’est ce vide — non la jeunesse mahoraise — qui alimente l’économie informelle et une part de la délinquance que nous affrontons.
Les maires de Mayotte ne demandent pas que la question soit tranchée dans un sens plutôt que dans un autre par facilité idéologique. Ils demandent qu’elle soit tranchée. Le maintien de milliers de jeunes dans une zone grise durable est le plus coûteux et le plus dangereux de tous les choix, et c’est aujourd’hui celui que l’on fait par défaut.
Le coût de l’inaction
Une génération sans accès légal au travail se tourne vers ce qui reste. Le coût se paie en sécurité, en dépenses sociales, en dépenses de justice, et en découragement des employeurs qui, faute de sécurité juridique, renoncent à recruter. Il se paie aussi en talents perdus, dans un territoire qui manque cruellement de main-d’œuvre qualifiée pour sa propre reconstruction.
Ce que nous demandons
Une doctrine nationale claire et publiée sur la situation des jeunes majeurs nés ou durablement scolarisés à Mayotte : soit un parcours encadré d’accès au séjour, fondé sur des critères objectifs et vérifiables — durée de scolarisation, durée de résidence, absence de condamnation, engagement dans une formation ou un emploi — soit une procédure d’éloignement réellement effective. Le statu quo doit cesser.
Un plan « jeunesse et insertion » dimensionné sur la démographie réelle : places de service militaire adapté, d’école de la deuxième chance, de missions locales et d’apprentissage calibrées sur les classes d’âge effectives, et non sur des effectifs théoriques.
Un dispositif massif d’aide au permis de conduire et à la mobilité, premier obstacle matériel à l’emploi dans un territoire où seuls 27 % des ménages sont motorisés.
La sécurisation juridique des employeurs et des collectivités qui recrutent, forment ou accompagnent ces jeunes.
Le financement des politiques communales de jeunesse, de sport et de culture — conseils municipaux de jeunes, chantiers d’insertion, équipements de proximité, éducation artistique, centres d’information jeunesse : ce sont les seuls dispositifs qui touchent effectivement cette jeunesse au quotidien.
Ce que les communes s’engagent à faire : installer et faire vivre des conseils municipaux de jeunes, ouvrir des chantiers d’insertion, recruter des apprentis, et déployer une offre sportive et culturelle de proximité dans chaque quartier.
ENTREPRISES
Le constat
Le tissu économique mahorais est composé de très petites entreprises dont la trésorerie ne supporte aucun délai. L’institut d’émission relève que 17,8 % des chefs d’entreprise redoutent la défaillance de leur société dans l’année — alors même que les carnets de commande du bâtiment sont pleins grâce à la reconstruction. Le paradoxe est complet : les marchés sont là, mais ils ne deviennent ni chiffre d’affaires, ni salaires. Les entreprises réduisent leurs effectifs et gèlent les embauches par précaution.
La cause est en amont, et elle est budgétaire. Une commune ne peut payer que ce qu’elle a encaissé. Lorsque des crédits sont notifiés mais non décaissés, lorsque les dotations sont calculées sur une population minorée, le blocage se répercute jusqu’au dernier maillon : l’entreprise et ses salariés. À Mamoudzou, la commune a dû recourir à l’emprunt pour payer les entreprises de la reconstruction, faute de disposer des crédits que l’État lui avait pourtant notifiés.
Aligner les dotations sur la population réelle et décaisser les crédits notifiés n’est donc pas une revendication de confort pour les élus. C’est la condition matérielle pour que les prestataires soient payés, que les emplois soient tenus et que la reconstruction devienne autre chose qu’une ligne budgétaire.
Le coût de l’inaction
Chaque défaillance d’entreprise emporte des emplois, une compétence locale et une capacité de reconstruction que le territoire ne remplacera pas. Les entreprises survivantes intègrent le risque de retard dans leurs prix : la commande publique coûte plus cher à l’État et aux collectivités. Et les marchés que les entreprises mahoraises ne peuvent plus porter sont exécutés depuis l’extérieur, sans retombée locale en emploi ni en formation.
Ce que nous demandons
Le décaissement effectif et rapide des crédits notifiés — acompte automatique, délai opposable à l’État, intérêts moratoires de plein droit, tableau de bord public — et l’alignement des dotations sur la population réelle qui conditionne toute la chaîne.
Un mécanisme d’avance de trésorerie aux communes de Mayotte adossé aux programmes de reconstruction, afin qu’aucune commune n’ait à emprunter pour payer une facture correspondant à une subvention déjà notifiée.
Un plan d’appui à l’entrepreneuriat mahorais : accès au crédit et à la garantie, ingénierie de réponse à la commande publique, allotissement adapté aux très petites entreprises dans les marchés de la reconstruction, avances et acomptes majorés.
La mobilisation prioritaire de la loi de programmation — 4 milliards d’euros jusqu’en 2031 — au bénéfice d’entreprises implantées à Mayotte et employant des Mahorais, avec des clauses locales d’insertion et de formation dans chaque marché.
Ce que les communes s’engagent à faire : fiabiliser et dématérialiser leur chaîne comptable, réduire leurs propres délais de paiement, allotir leurs marchés pour les rendre accessibles aux très petites entreprises, y inscrire des clauses d’insertion, et publier leurs délais de paiement.
APPARTENANCE À LA RÉPUBLIQUE ET PAIX SOCIALE
Le constat
L’appartenance de Mayotte à la République procède de choix répétés et incontestables de sa population : en 1974, en 1976, puis lors du référendum du 29 mars 2009, où 95,24 % des suffrages exprimés, pour une participation de 61,37 %, ont approuvé la départementalisation. Ce choix est celui des Mahorais eux-mêmes, exprimé dans les formes de la démocratie française.
Il continue pourtant d’être contesté. L’Union des Comores conteste régulièrement, dans les enceintes internationales, l’appartenance de Mayotte à la France, jusqu’à s’opposer en 2026 à la participation du département-Région aux organisations de coopération régionale de l’océan Indien. Ce qui préoccupe le plus les maires est cependant autre chose : le relais de cette contestation à l’intérieur même du territoire nationale, y compris par des personnes détentrices de la nationalité française, et son instrumentalisation pour attiser les tensions entre habitants.
Les maires disent ici deux choses avec la même netteté. La première : l’immense majorité de nos compatriotes binationaux vivent, travaillent, élèvent leurs enfants et servent la collectivité ici, en Français, et rien ne justifierait de les tenir collectivement pour suspects — nous refuserons toujours la stigmatisation d’une catégorie d’habitants. La seconde : celles et ceux qui, quelle que soit leur nationalité, entreprennent de contester l’appartenance de Mayotte à la France et de déstabiliser sa paix sociale doivent trouver devant eux la fermeté de l’État et l’application pleine et entière du droit commun de la République.
Le coût de l’inaction
L’ambiguïté a un coût immédiat et mesurable. Chaque hésitation, chaque formulation évasive de la parole publique nationale sur le statut de Mayotte est reprise et amplifiée localement dans les heures qui suivent. Elle nourrit l’inquiétude des Mahorais, décourage l’investissement de long terme, fragilise le vivre-ensemble d’une population aux origines multiples et aux familles souvent transfrontalières, et rend plus difficile le travail quotidien des élus locaux, régulièrement pris à partie sur ce terrain.
Ce que nous demandons
Un engagement solennel et sans réserve, pris devant les Mahorais : l’appartenance de Mayotte à la République française n’est ni négociable, ni discutable, ni monnayable dans aucune négociation bilatérale ou régionale, présente ou future.
Une doctrine diplomatique offensive et constante : soutien plein et actif à la participation de Mayotte aux organisations de coopération régionale, réponse systématique aux contestations dans les enceintes internationales, et conditionnalité assumée de la coopération avec l’Union des Comores.
L’application ferme et sans exception du droit commun à toute entreprise de déstabilisation de l’ordre public et de la paix sociale, quels que soient la nationalité et le statut de ses auteurs — et sans mesure d’exception visant collectivement une catégorie de citoyens.
Un travail durable de mémoire et d’éducation : enseignement de l’histoire de Mayotte et des choix successifs des Mahorais, dans les programmes scolaires et dans la politique culturelle du territoire.
Ce que les communes s’engagent à faire : porter cette parole avec constance et sans ambiguïté auprès de leurs populations, refuser toute stigmatisation collective, et travailler activement à la cohésion entre toutes les composantes de la population mahoraise.
ARRÊTER LA BIDONVILISATION, PUIS L’ÉRADIQUER AVEC MÉTHODE
Le constat
Sur environ 77 000 résidences principales, près de 24 000 logements sont informels, s’étendent sur quelque 300 hectares, 35% des logements sont en tôle, 19% des ménages n’ont pas l’électricité — trois fois plus qu’en 2013. Ces chiffres, antérieurs pour partie au cyclone Chido, décrivent un phénomène qui n’a cessé de s’étendre. Les maires de Mayotte disent les choses telles qu’elles sont. La démolition seule ne produit aucun résultat durable : là où un quartier est détruit sans maîtrise foncière, sans surveillance et sans solution d’habitat, il se reconstitue en quelques semaines, souvent à quelques centaines de mètres. Les communes portent alors la charge, le contentieux et la colère, sans que la situation ait progressé. À l’inverse, une politique de résorption sans arrêt préalable des installations nouvelles revient à vider un bassin dont le robinet reste ouvert.
Les outils existent pourtant : la loi du 23 mai 2011 relative à l’habitat informel outre-mer, les dispositions de la loi ELAN adaptées à l’outre-mer, et désormais l’opération d’intérêt national créée par le décret du 30 juin 2025, qui couvre dix-huit sites sur les communes de Koungou, Mamoudzou et Dembéni, avec l’objectif de traiter environ 10 000 logements informels et de produire 6 330 logements pérennes, pour environ 1 milliard d’euros mobilisés sur vingt-cinq ans. Ces moyens sont utiles ; ils ne couvrent ni l’ensemble du territoire, ni le rythme de formation de l’habitat informel, et ils supposent une capacité de production de logements que Mayotte n’a pas encore. Enfin, le désordre foncier — plus de 70 000 parcelles concernées — bloque toute action de long terme.
Le coût de l’inaction
L’habitat informel produit tous les problèmes traités dans ce manifeste : il alimente l’errance canine, sature les réseaux, rend impossible la desserte en voirie et en éclairage, expose des milliers de familles aux inondations et aux glissements de terrain, et concentre les détresses sanitaires et psychiques. Il ruine enfin la sincérité du calcul des dotations et la crédibilité de toute politique d’aménagement. C’est le chantier qui conditionne tous les autres.
Ce que nous demandons
Un engagement clair : arrêter la formation de nouveaux bidonvilles, par une doctrine nationale « zéro nouvelle installation » adossée à une surveillance foncière permanente, à la sécurisation immédiate des emprises libérées et à une capacité d’intervention en temps réel.
L’extension du périmètre de l’opération d’intérêt national à l’ensemble des communes concernées par l’habitat informel, et non aux seules trois communes actuelles, avec des moyens proportionnés.
Un plan de production de logements abordables à un rythme cohérent avec la démographie réelle, incluant l’accession très sociale, l’auto-construction encadrée et la réhabilitation, faute de quoi la résorption restera un déplacement de la misère.
L’achèvement accéléré de la régularisation foncière des plus de 70 000 parcelles en désordre, avec des moyens humains dédiés, un calendrier public et un guichet unique par commune.
Un financement pérenne de l’ingénierie communale de résorption de l’habitat informel : chefs de projet, géomètres, juristes fonciers, médiateurs sociaux.
Un traitement humain et lisible des situations individuelles, afin que chaque opération soit incontestable en droit, exécutable rapidement, et comprise par les habitants comme par les élus.
Ce que les communes s’engagent à faire : mobiliser leur foncier pour la production de logements, adapter leurs documents d’urbanisme aux opérations de résorption, exercer sans faiblesse leurs pouvoirs de police de l’urbanisme dès lors qu’elles en ont les moyens, et rendre compte publiquement de l’avancement site par site.
SYNTHÈSE : LES QUATORZE ENGAGEMENTS DEMANDÉS
L’Association des Maires de Mayotte demande à chaque candidature de prendre publiquement des engagements. Un document de synthèse distinct, destiné aux équipes de campagne, permet une réponse formelle.
N°
Chantier
Engagement demandé
Horizon
Vecteur
1
Chiens errants
Plan territorial d’éradication de l’errance canine sur 5 ans, deux fourrières intercommunales, capacité vétérinaire publique
0–24 mois
Loi de finances / décret
2
Dotations et recensement
Conférence État–INSEE–AMM, mécanisme de rattrapage pluriannuel, coefficient de charges réelles pour Mayotte
0–12 mois
Loi de finances
3
Voirie et éclairage
Dotation spécifique « voirie et éclairage public » pour Mayotte ; programme « Mayotte éclairée » sur 5 ans
0–36 mois
Loi de finances / FIPD
4
Mobilité maritime
Deux lignes maritimes en service avant fin 2028 ; maîtrise d’ouvrage unifiée ; tarification sociale unique
24–36 mois
Contrat de convergence
5
Santé mentale
Plan d’urgence psychiatrie, équipes mobiles 7j/7, places d’hébergement adapté, nouveau PTSM doté
0–24 mois
PLFSS / ARS
6
Eaux pluviales et assainissement
Plan unique 2027-2035 ; régime de financement dérogatoire du service des eaux pluviales urbaines
0–36 mois
Loi / loi de finances
7
Eau potable
Prix plafond opposable sur l’eau conditionnée, dispositif permanent de distribution, chèque eau, calendrier opposable
0–12 mois
Loi / arrêté pérenne
8
École
Zéro enfant sans affectation en 2029 ; programme de construction et de reconstruction ; décaissement effectif des crédits notifiés
0–36 mois
Loi de finances
9
Pêche
Critères d’éligibilité adaptés, mise aux normes de la flottille, inscription de Mayotte dans les accords de pêche
0–24 mois
UE / FEAMPA / décret
10
Agriculture
Enveloppe POSEI propre à Mayotte, accompagnement des déclarations, protection des terres, plan de souveraineté alimentaire
0–36 mois
UE / PAC-POSEI
11
Jeunesse et insertion
Doctrine claire sur les jeunes majeurs scolarisés à Mayotte ; plan insertion, apprentissage et mobilité au format réel
0–24 mois
Loi / circulaire
12
Entreprises et emploi
Avance de trésorerie aux communes, décaissement des crédits notifiés, allotissement TPE, clauses locales d’insertion
0–12 mois
Loi de finances
13
République et paix sociale
Engagement solennel sur l’appartenance de Mayotte, diplomatie offensive, application ferme du droit commun
Immédiat
Parole d’État / diplomatie
14
Bidonvilisation
Doctrine « zéro nouvelle installation », extension de l’OIN, plan de production de logements, régularisation foncière
0–60 mois
Décret / loi de finances
CE QUE NOUS ATTENDONS DE CHAQUE CANDIDATURE
Une réponse écrite, engagement par engagement : retenu, retenu sous réserve, ou écarté — avec les motifs.
Un déplacement de terrain à Mayotte consacré à au moins trois de ces quatorze chantiers, hors séquence médiatique.
L’engagement d’installer, dans les six mois suivant l’élection, une instance de suivi réunissant le Gouvernement, le Département-Région, l’Association des Maires de Mayotte, les intercommunalités, les parlementaires avec une revue publique annuelle.
CONCLUSION : LE QUOTIDIEN EST UNE POLITIQUE PUBLIQUE
Il est plus facile d’annoncer un aéroport qu’un plan d’éclairage public. Il est plus gratifiant d’inaugurer un hôpital que d’ouvrir une fourrière intercommunale. Il est plus simple de parler de flux migratoires que d’expliquer pourquoi une commune française de 2026 ne peut pas financer le drainage de ses eaux pluviales. Les maires de Mayotte connaissent cette asymétrie : ils la vivent chaque jour, entre les attentes de leurs administrés et les moyens dont ils disposent.
Nous ne demandons pas que Mayotte soit traitée à part. Nous demandons l’inverse : que le droit commun y soit enfin effectif, et que les adaptations nécessaires soient faites non pour créer un régime dérogatoire, mais pour produire, à Mayotte, les mêmes résultats qu’ailleurs. Une fourrière, un lampadaire, un calendrier d’eau fiable, une équipe mobile de psychiatrie, un ponton, une dotation calculée sur la population réelle : rien de tout cela n’est extraordinaire. C’est précisément ce qui rend leur absence insupportable.
Les quatorze chantiers réunis dans ce manifeste ne relèvent d’aucune sensibilité politique particulière. Ils sont exigeants, mais ils sont atteignables. Ils supposent surtout une chose que les Mahorais attendent depuis longtemps : la continuité. Nous nous engageons, pour notre part, à travailler loyalement avec celles et ceux qui accepteront de les porter, quelle que soit leur famille politique, et à rendre compte publiquement de ce qui aura été fait comme de ce qui ne l’aura pas été.
Le 101e département français ne demande pas d’être plaint. Il demande d’être gouverné avec sérieux, et d’abord dans son quotidien.
L’Association des maires de Mayotte réunit les dix-sept communes du département-Région.
Fait à Mayotte, le 24 août 2026, au nom des maires de Mayotte.
Ambdilwahedou SOUMAÏLA
Président de l’Association des maires de Mayotte
Maire de Mamoudzou
Sources et références
Les données mobilisées dans ce manifeste sont publiques et vérifiables. Elles sont rappelées ici afin que les équipes de campagne puissent les instruire.
INSEE, Premiers résultats du recensement exhaustif de Mayotte : 323 153 habitants au 1er janvier 2026 ; évolution 2017-2026 ; densité ; effectifs scolaires.
INSEE Analyses Mayotte, « Des conditions de logement toujours précaires à Mayotte, malgré quelques améliorations » : habitat en tôle, accès à l’eau, à l’électricité et au confort sanitaire.
Direction générale des collectivités locales, répartition de la dotation globale de fonctionnement 2026 — montants par commune de Mayotte.
Ministères chargés de la transition écologique et du logement, création de l’opération d’intérêt national de Mayotte, décret n° 2025-605 du 30 juin 2025 : 18 sites, 3 communes, 24 000 logements informels, 6 330 logements à produire, environ 1 milliard d’euros sur 25 ans.
Loi de programmation pour la refondation de Mayotte (2025) : recensement exhaustif, qualification du territoire en quartiers prioritaires, désordre foncier (plus de 70 000 parcelles), fonds de soutien aux activités périscolaires.
Préfecture de Mayotte et ministère de l’agriculture, « plan chien » et appels à projets relatifs à l’errance animale ; loi n° 2021-1539 du 30 novembre 2021 ; articles L. 211-22 et L. 211-24 du code rural et de la pêche maritime.
Agence régionale de santé de Mayotte, projet territorial de santé mentale 2021-2025 ; presse territoriale sur l’état du service de psychiatrie du centre hospitalier de Mayotte après le cyclone Chido ; article L. 3213-2 du code de la santé publique.
Article L. 2226-1 du code général des collectivités territoriales (service public de gestion des eaux pluviales urbaines) ; contrat de progrès du syndicat de l’eau de Mayotte.
Documentation relative aux tours d’eau et à leur durcissement ; arrêtés préfectoraux de gel des prix des bouteilles d’eau ; bouclier qualité-prix de Mayotte.
Études et avis relatifs au projet de lignes maritimes de passagers (Longoni – Mamoudzou, Iloni – Mamoudzou) ; lancement du réseau interurbain M’Safara, 22 mai 2026 ; taux de motorisation des ménages.
Observatoire de la non-scolarisation à Mayotte : 15 192 enfants de 3 à 15 ans non scolarisés à la rentrée 2025 (12,7 % de la classe d’âge), 13 689 en 2024, 12 604 en 2023.
Débats parlementaires et déclarations publiques relatifs au fonds d’amorçage de 100 millions d’euros pour la reconstruction de Mayotte : crédits notifiés non décaissés, situation des écoles de Mamoudzou (12 M€ de dégâts, 800 000 € effectivement octroyés, recours à l’emprunt communal pour payer les entreprises).
Presse territoriale et rapports de filière sur la pêche à Mayotte : environ 130 pêcheurs recensés, une dizaine à jour de leurs obligations, une vingtaine éligibles au régime d’aide européen post-Chido ; navires immobilisés pour non-conformité ; décret de séparation des filières pêche et agriculture non publié.
Question écrite à l’Assemblée nationale sur la répartition des aides du POSEI (enveloppes de Mayotte et de la Guyane, critères excluant les petits producteurs) ; communiqués de la DAAF de Mayotte sur les campagnes PAC et les pénalités de retard.
IEDOM, synthèses conjoncturelles et annuelles de Mayotte : 17,8 % des chefs d’entreprise redoutant une défaillance dans l’année, tensions de trésorerie du BTP malgré des carnets de commande pleins ; loi de programmation mobilisant 4 milliards d’euros jusqu’en 2031.
Référendum du 29 mars 2009 : 95,24 % de suffrages exprimés favorables à la départementalisation, participation de 61,37 % ; positions de l’Union des Comores dans les enceintes régionales de l’océan Indien.
